Le Cercle Modernist

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"LeRoi Jones : Le Peuple du Blues" - Seconde Partie

 

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- Edition française "Le Peuple du Blues" de LeRoi Jones 1997 (Source : E.F) -

 

 

 

 

Nous poursuivons ici le passionnant récit de Pascal "BonBel" Rousse.

 •

C'est la deuxième partie de son analyse autour du livre de LeRoi Jones "Le Peuple du Blues".

Rappelons que ce livre parait aux Etats-Unis en 1963.

Il va être édité la toute première fois en France, en 1968.

Une très rapide disponibilité du livre grâce à l'exceptionnelle traduction de Jacqueline Bernard.

Mais, maintenant, reprenons le fil de cet article avec cette deuxième partie.

 

 

 

"Le Peuple du Blues" - Seconde Partie

 

 

Après de brillants débuts, la popularité croissante du Jazz ne tarda pas à produire des alliages de moindre valeur.

En effet, à mesure que les grands orchestres et que les arrangeurs prenaient de l'importance la qualité a baissé.

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Cette tendance s'est amplifiée avec la prolifération d'orchestre exclusivement blancs.

Des orchestres destinés à un public de classe moyenne.

 

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C'est ce dernier qui remplit les salles et achète les disques.

Des années 1930 aux années 1940,

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le "swing" le plus commercial submerge le marché du divertissement.

Ce marché pèse même sur des artistes Noir plus exigeants, tel Duke Ellington.

 

 

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  - Duke Ellington circa 1940 (Source : J.M) -

 

 

Or coïncidant avec la guerre, l'esprit Afro-américain connut un nouveau moment de négativité féconde et d'approfondissement.

Fondé par Theolonius Monk, Dizzy Gillespie, Charlie Parker, et Bud Powell, le BeBop réaffirma une différence radicale.

Ce qui amena en même temps les musiciens noirs à se rapprocher des avant-gardes culturelles d'Amérique et d'Europe.

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Un Charlie Parker n'hésitait plus à sortir de Harlem pour aller résider à Greenwich Village.

Il pouvait ainsi se mêler à la "bohème" des hipsters.

Pour la première fois des blancs et des noirs se reconnurent une destiné commune et partagèrent une même sensibilité.

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  Le BeBop fut très mal accueilli par les critiques de Jazz.

Ces derniers dont une écrasante majorité venait de la petite bourgeoisie blanche. 

C'était en effet une franche remise en cause de la formation de compromis que constituait le swing de grand orchestre arrangé.

Un swing devenu une musique tout public sans aucun relief.

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Dés la fin des années 1930, on opposait au BeBop un "Dixieland" reconstitué.

Des polémistes montèrent un faux débat sur ce qu'était le "vrai" Jazz.

On sait qu'elle fortune eut l'importation de cette "guerre culturelle" à Londres dans les années 1950.

Une opposition entre "trad" et "Modernist" qui suscita même des rixes.

 

 

 - Réference musicale 1 (en bas d'article) -

 

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 - Theolonius Monk et Howard  Mc Gee au Minton's Plauhouse circa 1947 (Source : W.P.G) -

 

Du "Cool" à la Soul : les racines de l'esprit Modernist

 

 

Miles Davis, qui était d'abord un BoPer, stylisa avec une froideur réfléchie le dédain des conventions vides de la bonne société blanche.

Dédain que les musiciens de Jazz partageaient désormais avec les artistes et les intellectuels avant-gardistes.

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Et ce fut le Cool, dont il demeura musicalement la seule incarnation véritable.

Une attitude qui s'exprimait jusque dans ses costumes italiens sur mesure, anticipant sur l'attitude que les Mods systématiseront.

 

 

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"Cool signifiait à l'origine une réaction déterminée vis-à-vis du monde, un rapport déterminé d'un homme à son environnement.
Etre "Cool" (frais) c'était, au sens le plus accessible, être calme, impassible même, devant l'horreur que le monde pouvait réserver à tout instant.
Pour les Noirs, cette horreur pouvait être tout simplement l'état d'esprit sinistrement prévisible de l'Amérique Blanche.
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D'une certaine manière cette façon calme ou stoïque de réprimer sa souffrance est aussi vieille que l'entrée du Noir dans la société de l'esclavage,
ou que l'acceptation pragmatique par l'Africain du Dieu de son ravisseur.
(...) Vis à vis d'un monde fondamentalement irrationnel, le rapport le plus justifié est la non participation." (Chapitre III, page 305
 
   

 - Référence musicale 2 (en bas d'article) -

  12208071_522409444588713_1554965726_n.jpg- Miles Davis  circa 1958  (Source : E.E) -

 

 

 

L'idée Soul fut d'abord l'étendard des héritiers du BeBop.

Les Hard Bopers des années 1950 -1960 sont lassés de la superficialité du Cool Beatnik.

Ils revisitèrent systématiquement dans leurs racines des aspirations plus spirituelles, comme celle de Mahalia Jackson.

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Ils suivaient l'exemple de Ray Charles.

Ray Charles fait alors la synthèse du Rhythm 'n' Blues et du Gospel.

Il déplace la scène à l'orgue des Eglises.

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Il célébre l'amour profane à la place de l'amour sacré.

Mais, selon LeRoi Jones,

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le HarBop s'est perdu dans le formalisme ;

et, c'est plutôt de l'évolution populaire du Rhythm 'n' Blues qu'est venu le salut. 

 

 

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- Nathalia Jackson circa 1940 (Source : J.M) - 

 

 
"Le passage de Cool à Soul est une forme d'agression sociale,
un effort pour plaquer sur un ordre social "dépourvu de sens" un ordre qui donnerait de la valeur à des éléments de l'existence autrefois jugés sans valeur et même honteux.
Cool correspondait à une non-participation, Soul correspond à un "nouveau" système, c'est une tentative de renversement des rôles dans la société grâce à une redéfinition des critères de valeur.
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Le Noir "nouveau" des années 1920 avait commencé, mais par défense, à célébrer les attributs de sa "négritude" ;
"le frère d'arme" (soul brother) cherche, lui aussi, à refondre l'ordre social à sa propre image.
Etre blanc cesse alors d'être "bon" comme le disait le vieux Blues, mais devient un handicap puisque cela empêche d'avoir l'âme "noir"  (Chapitre XIII, pages 312-313)
 

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On voit bien, en quoi la Soul, a pu ensuite devenir la musique de la jeunesse européenne moderne.

Une jeunesse qui, lors des années 1960, dans un monde d'après guerre encore en reconstruction, avait soif de sens et de valeurs nouvelles.

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Des valeurs ouvertes à l'affect, en l'absence desquelles la génération précédente s'était laissé conduire à la catastrophe,

et dont l'aveuglement persistait à la Guerre Froide.

 

 

 - Référence musicale 3 (en bas d'article) -

 

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 - Flamingo Jazz Club Londres 1959 (Source : K.G) -

 

 

 

Après guerre, le Blues ne pouvait demeurer secret sans sombrer dans le folklore.

 •

Sa vie c'est perpétuée grâce au Jazz et, tout particulièrement, au renouveau vital apporté par le BeBop ;

 •

puis le Rhythm ''n' Blues et sa transposition en Rock 'n' Roll.

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Le Jazz de son côté a continué d'approfondir et de nourrir l'esprit du Blues par le BeBop, le HardBop, et le Cool de Miles Davis.

Le Jazz approfondi enfin le renouveau de l'art de l'improvisation,

c'est-à-dire de la spontanéité contre l'arrangement, par Ornette Coleman et Cecil Taylor.

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 Or d'après LeRoi Jones,

le renouveau qu'ils instaurent n'est pas le "Jazz progressiste" une tentative théorique.

C'est le fruit d'une position existentielle.

Une position nourrie des incessants bouleversements historiques.

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Des bouleversements dans lesquels leur génération a grandi, comme les blancs.

Mais, s'y ajoute la singulière profondeur de la condition des noirs américains.

Des noirs occidentalisés, cependant marqués par la ségrégation de l'esclavage.  

C'est ainsi que l'improvisation est remise au centre du jeu.

 

 

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- (Source : A.B.F) -

 

 

En se rattachant aux racines les plus authentiques du Blues.

Elle les rend plus intelligibles,

en les portant au plus haut degré de liberté artistique.

 

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"En ce sens, il était juste de dire des adeptes du Jazz moderne naissant que c'était des "cultistes".
Leur musique, le BeBop, était une manifestation du profond sentiment de non-conformisme éprouvé par nombre de  jeunes américains, noirs ou blancs.
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Et pour beaucoup de Noirs, le fait d'être trouvés "bizarres" ou "profonds" par la majorité des blancs était  aussi satisfaisant que divertissant et rehaussait intellectuellement et psychologiquement leur isolement traditionnel.
Le culte des "Boppers" était de protection en même temps que de révolte".

 

 

 

 

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 - (Source : J.M) -

 

 

 

"Les accessoires prestigieux que beaucoup d'entre eux portaient avec la tenue de ville habituelle du Noir,
et je veux parler ici des jeunes enthousiastes du Bop et pas seulement ses musiciens,
étaient à leur yeux un moyen d'afficher qu'ils n'étaient ni nègres de maison ni nègres de culture.        
C'est un sentiment voisin qui poussa beaucoup de jeunes noirs à s'exiler en Europe.
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Mais, c'est aussi la conscience qu'ils avaient prise de la stérilité rudimentaire de la culture.
Une culture qu'on leur avait toujours enseignée à convoiter.
Ils cherchaient à créer une méta-culture aussi séparée de l'autre que celle de leurs grands parents.
Une méta-culture qui serait le fruit de la sensibilité évoluée du citadin noir moderne".

 

 

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"Un citoyen à qui les symboles socioculturels de la pensée occidentale étaient familiers.
Leurs barbiches, leur bérets et leurs lunettes avaient une signification;
Une signification indirecte, comme le veut l'Histoire Sociale.
Ces objets étaient aussi hautement symboliques que l'avait été la nomenclature hébraïque dans les Spirituals.
Ils étaient la marque d'une certaine façon de penser.
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La satisfaction d'un besoin social qui n'était plus si obscur.
En adoptant certains critères de l'anticonformisme occidental,
ces Noirs trouvaient un substitut émotionnel à trois siècles d'anticonformisme involontaire.
Un anticonformisme constamment réaffirmé par la couleur de leur peau".
(Chapitre XII, pages 289-290).
 
 - Référence musicale 4 (en bas d'article) -

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-  Ray Charles circa 1959 (Source : P.R) -

 

 

 

Ainsi se mettent en place les conditions existentielles et spirituelles qui vont rendre possible le mouvement Modernist en Grande-Bretagne.

Une stylistique musicale et vestimentaire liée à un ethos,

c'et-à-dire une façon d'être au monde.

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Une façon qui produit une éthique de la dignité;

Une éthique capable de surmonter des "manières d'êtres" héritées et subies inconsciemment.

"Habitus" au sens donné par le sociologue français Pierre Bourdieu.

 

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Le Blues, comme ensuite le Jazz, le Rhythm 'n' Blues et la Soul furent l'objet d'une constante dénégation.

Aux Etats-Unis elle est connue en tant que Race Music.

Une dénégation qui n'empêche pas une exploitation commerciale.

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Et cela, aussi bien de la part des blancs que de la classe moyenne noire.

Une classe moyenne qui ne voulait rien savoir de ce que supposait sa couleur de peau.

Une classe moyenne noire qui ne souhait rien d'autre que de la faire oublier.

 

 

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 - (Source : R.R) -

 

 

"Mais du point de vue positiviste, comme du point de vue religieux,
 
l'adaptation nécessaire au Noir pour s'incorporer véritablement à la société blanche,
 •
supposait qu'il renie avoir jamais été autre chose qu'américain et de culture américaine.
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La rançon cruelle de ce genre de situation est l'état d'esprit socioculturel de l'Amérique d'aujourd'hui ?
dans laquelle les choses même ayant servi à édifier sa culture propre dans ce continent sont celle que la majorité des américains craint et méconnaît le plus !"

(Chapitre X, page 193). 

 

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 Ainsi, bien qu'Elvis Presley, par exemple, aimât sincèrement la musique des Noirs et aussi les Noirs eux mêmes,

il n'en allait pas de même de son entourage, et de la presque totalité de son public !

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Le Rock 'n' Roll n'est devenu un musique populaire aux Etats-Unis que par le truchement des musiciens blancs;

Des musiciens qui parfois malgré eux, ont rendu possible la dénégation de son origine Afro-américaine.

 

 

 

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  - Carte des routes et origines du Blues dans le Delta du Mississippi (Source : B.M / G@G) -

 

 

 

Il en alla de même du Jazz.

 

L'extrême popularité tenait essentiellement à celle d'orchestre blancs;

 •

Des orchestres comme ceux de Benny Goodman ou Gleen Miller.

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Or, ce seront des musiciens de Soho à Londres et leur public qui, à la fin des années 1950,

vont, dans le sillage du BeBop, redécouvrir et faire reconnaître dans le monde le Blues en tant que musique des Noirs.

C'est ainsi que cette musique spécifique, reléguée dans son pays à une semi-clandestinité, acquit une audience mondiale.

 

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Ce sera là le creuset du mouvement Modernist Anglais.

Un mouvement d'ou sortiront nombre de musiciens blancs marquant le mouvement Mod :

Alexis Korner et Cyril Davies, qui ouvrent en 1957 The Blues and Barrelhouse Club.

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The Blues and Barrelhouse Club voit jouer des musiciens de Blues originaux comme Champion Jack Dupree, Muddy Waters ou Otis Spann.

Les deux compères fondent leur propre formation en 1961 avec The Blues Incorporated.

Le groupe va lancer : Charlie Watts, Jack Bruce, Long John Baldry, Paul Jones et Art Wood entre autres...

  

 

 - Référence musicale 5 (en bas d'article) -

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 - The Alexis Blues Incorporated , avec Mick jagger (Source : P.R) - 

 

 

 

 

Cyril Davies et Alexis Korner vont également rallier un nombre vraiment incroyable de personnalités dans leurs soirées :

Brian Jones, Eric Burdon, Mick Jagger, Keith Richard, Rod Stewart, John Mayall, Zoot Money, Jimmy Page et même Graham Bond !!!

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Ils ont ainsi formé le noyau du mouvement, d'ou sortiront les groupes de "Blue Eyed Rhythm 'n' Blues ".

Des groupes justement tels que les Yardbirds, Graham Bond Organization, Roling Stones, Animals, Steampackett, Zoot Money, Big Roll Band, Downliner Sect.

 

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 Mais il y aura aussi une veine issue du Jazz avec The Blues Flames et Georgie Fame, Brian Auger, Julie Driscoll...

Pour comprendre ce phénomène, il faut savoir que les musiciens furent très tôt bien accueillis en Europe.

Tout particulièrement à Londres, Paris, Berlin et Hambourg.

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Il faut aussi se souvenir que le Jazz devint pendant la Seconde Guerre Mondiale un signe de ralliement antifasciste.

Avec par exemple les "Zazous" en France, et jusqu'à l'intérieur de l'Allemagne nazie.

Que les musiciens fussent Noirs ne leur conférait alors que plus d'aura.

 

 

- Référence musicale 6 (en bas d'article) - 

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 - (Source : S.S) -

 

 

La Grande Bretagne, la France et l'Allemagne étaient certes des nations colonialistes,

avec ce que cela supposait de prétention à la "supériorité raciale".

Mais la séparation entre les peuples y fut progressivement moins absolue.

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Moins absolue que dans un régime strictement esclavagiste comme l'était l'Amérique jusqu'en 1865.

Dés le début du XXe siècle, les avant-garde artistiques se référaient très positivement aux cultures africaines noires.

Des références tout particulièrement dans les arts plastiques.

 

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Les fauvistes, les expressionnistes, les cubistes, les dadaïstes et les surréalistes...

Tous voyaient dans la culture noire africaine une source d'inspiration.

Une source d'inspiration plus riche et profonde que l'héritage Gréco-Romain imposé par l'académisme.

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On se souviendra aussi du succès retentissant de la Revue Nègre, à Paris, avec Josephine Baker à partir de 1925.

Ainsi que l'engouement pour les musiciens Noirs dans le mouvement Modernist des "années folles" :

garçonnes, flappers, Bright Young Things, cabaret Berlinois ...

 

 

 - Référence musicale 7 (en bas d'article) -

 

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 - (Source : C.J.M) -

 

 

Plus encore, pendant et peu après la guerre, les GI's étaient adorés des jeunes européens.

Tout particulièrement des jeunes Anglais, dont la gratitude ne regardait pas alors la couleur de peau.

Cette admiration éperdue pour leur héroïsme, leur élégance nonchalante et nette à la fois.

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Leurs qualités athlétiques en firent de dieux des salles de danse.

En outre, les GI's Noirs apportèrent des disques de Jazz et de Rhythm 'n' Blues avec eux.

Ils faisaient jouer les disques par des Disc Jockey en Europe.

 

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 Tout cela conditionna la connaissance et la réception exceptionnellement favorable de la musique Afro-américaine en Europe.

L'adulation dont les musiciens Noirs y furent l'objet arracha définitivement leur culture au ghetto,

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en secouant les hiérarchies culturelles et sociales.

Les jeunes des classes populaires britanniques, qui avaient été enfants après la guerre, étaient ainsi préparés à entrer profondément en empathie avec l'esprit Afro-américain.

 

 

 

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U.S Navy Jazz Band 1945 (Source : J.M) - 

 

 

En effet, ils connaissaient une société ou les classes sociales étaient encore séparées à l'extrême,

presque comme des races différentes.

Mais cette séparation était rendue insupportable après la guerre à cause des promesses de démocratisation.

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Des promesses impliquées par la solidarité dans le combat.

Qui venait se concrétiser par la réforme du système scolaire.

Une réforme destinée à abolir les barrières de classes autrefois instituées par des cursus entièrement distincts.

 

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L'aspiration au modernisme était donc particulièrement forte dans un pays encore conservateur (y compris du côté du parti Travailliste).

Un pays ou ses promesses se heurtaient à la résistance de ce qu'il devait abolir.

La culture Afro-américaine fut alors intimement comprise et accueillie par la jeunesse.

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Une jeunesse qui découvrait l'expression de ses propres sentiments de frustrations,

mais aussi une vitalité qui la propulsait hors d'une société.

Une société tournée vers le passé d'un Empire déchu.

 

 

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 - (Source : H.Y.L) -

 

 

 

Ainsi un soi-disant Mod, un tant soit peu raciste, est-il une contradiction vivante.

S'il est vrai qu'il fut Mod, Eric Clapton en constitue, par exemple, un cas extrême.

C'est un individu qui, consciemment ou non, falsifie une identité qu'il s'arroge,

sans rien comprendre à ce qui la fonde et constitue sa raison d'être !

 

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75 M.N.S

Sources :

- Anderson, Paul "Smiler", "Mods The New Religion : the style and the music of the 60's Mods", Omnibus Press, London, 2013.  

 

- Barnes Richards, "Mods !", Plexus Published Limited, London, 1979. 

 

- Jones LeRoi, "Le Peuple du Blues : la musique noire dans l'Amérique blanche", traduit de l'Anglais par Jacqueline Bernard, Editions Gallimard, Paris, 2013 ( 1997, 1968 pour la traduction).

 

- Malson Lucien, "Histoire du Jazz et de la musique Afro-américaine", Editions Seuil, Paris, 2005, (édition revue et augmentée de l'ouvrage paru dans la collection 10/18, U.G.E, 1976).

 

- Jon Savage, "Teenage : the creation of Youth" 1875-1945", Chatto & Windus, London, 2007

 

- Sers Philippe, " La révolution des avant gardes, l'expérience de la vérité en Art", Edition Hazam, Paris, 2012.

 

 

 

Références musicales :

 

 

- Sélection 1 : Thelonious Monk - " Well You Need", - COLUMBIA Records - 1964

 

- Sélection 2 : Miles Davis - "Venus de Milo", - CAPITOL Records  - 1956

 

- Sélection 3 : Ray Briant Trio -  " Sneakin' Around" - COLUMBIA Records - 1959

 

- Sélection 4 : Ray Charles  - "Doddlin"  -  ATLANTIC Records - 1957

 

- Sélection 5 : Cyril Davies & R&B All Stars  - "Country Line Special" - PYE INTERNATIONAL Records - 1963

 

- Sélection 6 : Georgie Fame & The Blue Flames  - "Umpty Dumpty" -  COLUMBIA Records - 1964

 

- Sélection 7 : Joséphine Baker - " Bye Bye BlackBird" - COLUMBIA Records  - 1927.

 



28/04/2016
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