Le Cercle Modernist

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Avant Garde ZaZous


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 - Encart de presse 1942 (Source : AFP) -

 

 

 

"Un peu plus tard passèrent les jeunes gens du Faubourg, cheveux laqués et cravate rouge, le veston très cintré, avec une pochette brodée et des souliers à bouts carrés ", 

Albert Camus,"L'étranger", 1942.

 

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Des Zazous dans le Cercle Modernist me direz-vous ?

 

Et bien oui, les Zazous représente bien une référence incontournable pour toute culture urbaine.

 

Une référence d'autant plus revendiquée, ou retrouvée, en France, par les différentes générations Modernist.

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Nous reviendrons bien plus précisément sur les différents, et nombreux, éléments qui relient notre culture à cette génération antérieure.

 •

Une comparaison "toute proportion gardée", au regard de la période extrêmement tragique dans laquelle va émerger et évoluer ce mouvement.

Pourtant, la récente détérioration de la situation internationale, peut nous aider à mieux comprendre la force de cette génération.


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Une génération connue d'abord sous le nom de "Swing", ou de "Petit Swing",

 

avant d'être vite connue et reconnue sous le désormais célèbre nom de "Zazous" !

 

En plus d'être de vrais amateurs passionnés de Jazz, et de culture Afro-Américaine,

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ces jeunes gens sont également totalement férus de mode vestimentaire.

 •
Par contre, à contrario de nos générations Modernist,

les Zazous vont s'impliquer fortement dans le monde social, culturel et politique.

 

 

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- (Source : J.M) -

 

 

Une disparité clairement induite et poussée par un contexte extrêmement dur.

 •

 bien loin de l'insouciance des 'Trente Glorieuses" et du "Swinging London" !..

 •

 Mais, avant de nous plonger dans l'"histoire" à proprement parler de ces Zazous,

 

nous allons nous intéresser à l'étymologie de ce terme qui peut apparaître curieux à la première écoute.

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Une étymologie sujet à polémiques comme toujours avec ce genre de sujet.

 Comme précisé auparavant, ces jeunes gens aux comportements novateurs, et souvent dérangeants,

sont tout d'abord appelés les "Petits Swings", ou plus simplement les "Swing".

Mais, très vite  le terme "Zazou" est préféré et employé pour désigner ce groupe distinctif.

 

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L'origine du mot viendrait de l'onomatopée "" (Zazou),

 •

processus utilisé dans le "Scat", forme de Jazz vocal en forme de jeu d'onomatopée.

Le lien entre ce mouvement novateur, et la musique du "Nouveau Monde", est donc ancrée, dés le départ, dans son être même.

D'ailleurs, l'autre théorie étymologique reste dans cette optique :

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elle attribue plutôt l'origine à Cab Calloway, avec son morceau "Zah Zuh Zah".

L'autre théorie, celle du "Scat", se serait propagée par le biais du chanteur Freddie Taylor.

C'est même ce dernier qui aurait, également, importé en France la mode vestimentaire des Dandys Noirs,

mode provenant directement de la culture urbaine des  Etats-Unis.

 

 

 - Référence musicale 1 (en bas d'article) -

  

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- Affiche Publicitaire Johnny Hess circa 1938 (Source : J.M) -

 

 

 

 Les Zazous sont de véritables passionnés de  Swing Jazz.

Avec le début de la guerre, la France se prend d'une véritable passion frénétique pour le Jazz,

que ce soit en province ou à Paris, les salles de danse et autre caves, surtout dans la capitale, se remplissent de jeunes gens.

C'est bien l'époque des "Petits Swing" et des "Swing", et le roi du Swing c'est Johnny Hess à Paris durant cette période.

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Johnny Hess n'est pas un inconnu, c'est le "premier" musicien du maestro Charles Trenet.

Il est l'auteur du titre "Je suis Swing" et de "Je suis Zazou",

Johnny Hess va composer avec Charles Trenet de nombreux succès de Swing.

Beaucoup ont oubliés cette période, mais le Swing était alors omniprésent !

 

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 Le Swing est dans le vent, toute chanson ou film sortant à l'époque se doit de mentionner le terme Swing.

 

La jeunesse a besoin de se divertir, le prix des disque 78 Tours explose sur le marché noir !

 •

Car, le mouvement Zazou va évoluer dans cette France défaite et occupée par l'armée nazie.

 •

Il est donc primordial de nous arrêter un instant sur la spécificité de cette période sombre pour la culture.

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Cette jeunesse rebelle est pourtant sous le terrible joug des collaborateurs et de leurs idées d'ordre.

Être Zazou c'est faire parti d'un mouvement de révolte contre le régime en court.

Ils vont d'ailleurs être la cible de l'idéologie raciste et totalitaire du régime de Vichy.

Dès 1942, le régime et ses sbires désignent les Zazous comme des cibles.

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 - Affiche de propagande du P.P.F en 1942 (Source : H.M) -

 

 

 

Ils vont être victime de tabassages et d'autres brimades, ils deviennent l'ennemi numéro 1 de cette jeunesse collaborationniste.

L'affiche présentée ci-dessus illustre parfaitement cette situation vécue par les Zazous ;

c'est le Mouvement de jeunesse du Parti Populaire Français, dirigé par l'ultra collaborationniste Jacques Doriot,

qui va pousser ses troupes à  traquer et "scalper les Zazous" .. l'intensification de cette politique va aller crescendo !..

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La police et la Préfecture vont intensifier cette traque en multipliant les rafles et les arrestations.

Cette situation va porter un coup au mouvement Zazou qui va devenir plus clandestin et se cacher dans les caves.

Néanmoins, l'émulation va vite revenir, après la Libération et les jours meilleurs, avec le Jazz dans les caves de Saint Germain des Prés.

Mais, revenons maintenant plus précisément sur le début de l'aventure des Zazous en France.

 

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Avant la dégradation de la situation, le mouvement Zazou avait réussi à s'épanouir en France malgré l'occupation Allemande.

En effet, la musique Jazz ne va pas être interdite par l'occupant.

Certes, pour les nazis le Jazz est "une musique décadente nègre et juive", elle représente tout ce que le Reich ne veut pas.

D'ailleurs, le Jazz est interdit en Allemagne et dans tous les pays qu'elle conquiert,

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notons, au passage, que l'Alsace Lorraine va également connaître cette interdiction.

Bien au contraire, et même d'une façon plus accrue comparativement à l'avant guerre, la France, et surtout Paris,

connait une très forte activité des salles de spectacles, restaurants, ou autres Bars de nuit : des lieux ou le Jazz est omniprésent !

Même le "Gitan", fantastique guitariste, Django Reinhardt est autorisé à habiter et vivre de son art dans la capitale.

 

 

 - Référence musicale 2 (en bas d'article) -

 

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 - Paris circa 1940 (Source : ULAC.B) -

 

 

 

 C'est donc dans cet environnement assez étrange que vont essayer d'évoluer ces jeunes gens fascinés par le Jazz.

Une musique en provenance des Etats-Unis, une musique qui fascine et électrise toute une génération.

C'est en camouflant la musique Jazz sous des titres bien français, que le Hot Club de France va largement contribuer à ce phénomène.

Le secrétaire général du Hot Club de France, monsieur Charles Delaunay, va organiser le premier Festival de Jazz sous l'occupation.

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En faisant changer les titres en français, le "Saint Louis Blues" devient ainsi la "Tristesse de Saint Louis",

il permet au Jazz de passer à travers la censure Allemande, même après l'entrée des Etats-Unis directement contre l'Allemagne,

le Swing va pouvoir ainsi continuer son aventure sans encombres en France !

 

Même si la musique Swing est autorisée, le comportement de ses plus fervents défenseurs, les Zazous, est lui très vite dénoncé.

 

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 Le Zazou est très vite reconnaissable, son aspect vestimentaire est d'ailleurs une de ses principales caractéristiques.

Il est facile de trouver ces jeunes gens en pantalon à carreaux dans les bars de Saint Germain des Prés, ou des Champs Elysées.

Les motifs à carreaux sont en effet une des grandes préférences des Zazous dans le domaine vestimentaire.

Les pantalons sont étroits et courts ("à la TinTin"), ils s'arrêtent à la cheville, avec des chaussures épaisses à semelles compensées.

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Ils apprécient particulièrement les chemises américaines avec des cravates étroites avec épingle ou pince.

La particularité vestimentaire des Zazous est surtout marquée par le port de la veste.

Ils adorent les vestes longues à motifs, attitude vestimentaire provocante,

au regard du rationnement touchant tout autant la nourriture que les vêtements !

 

 

 - Référence musicale 3 (en bas d'article) -

 

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 - Swinger's à Paris circa 1940 (Source : J.M) -

 

 

 

La coupe de cheveux des Zazous est également une provocation par rapport à la mode imposée par ce régime réactionnaire.

Un décret de 1942 oblige, par exemple, de porter des cheveux courts pour la récupération de ces derniers après le passage chez le coiffeur...

Les cheveux sont brillantinés et longs, très travaillés... à la "mode d'Hollywood" !...

C'est la même chose pour les filles qui arborent des cheveux qui tombent sur les épaules, la couleur blonde est de mise.

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C'est là aussi la mode des Stars américaines, avec rouge à lèvre rouge et grande lunette de soleil.

Les jupes sont plissés et s'arrêtent au-dessus du genou, avec des chaussures hautes et épaisses.

L'accessoire typiquement Zazou est le parapluie, un parapluie qu'il n'ouvre jamais qu'il pleuve ou qu'il neige !

Encore un petit détail amusant qui nous rappelle nos traditions Modernist.

 

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 Il est facile de rencontrer ces jeunes gens parés de leurs fameux parapluies sur les Grands Boulevards à Paris.

Les Zazous sont même connus dans la capitale pour organiser des "monômes" comptant plusieurs centaines de participants.

Le "monôme" est une forme de procession, un cortège, formé par des étudiants.

C'est une tradition qui voit le jour en France, à la fin du XIXe siècle,  au sein de certaines confréries étudiantes.

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Ce "monôme" est une manifestation qui doit faire du bruit : les étudiants sont habillés pour l'occasion, ils se tiennent la main ou l'épaule et chantent à tue tête !

C'est une tradition qui va disparaître, après son interdiction par la Préfecture de Police de Paris durant les événements de Mai 1968.

 •

Cette attitude est volontairement provocatrice et contestataire, ils passent leur temps à refaire le monde dans les cafés ou les cinémas.

 

C'est une provocation gratuite, spontanée et parfois extrêmement dangereuse des Zazous.

 

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- Etoile portée par les Zazous durant l'occupation en 1942 (Source : J.M) -

 

 

 

Certains vont même aller jusqu'au port de l'étoile jaune, avec marqué dessus "Zazou" ou "Swing" !

 •

Une attitude héroïque, quoique suicidaire, au regard de la violence des occupants :

 •

beaucoup de Zazous vont malheureusement finir à Drancy, avant d'être déporter dans les camps de la mort du régime nazie.

Les zazous qui ne partent pas en déportation sont fichés par la police de Vichy comme "ami des juifs", un véritable honneur...

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D'ailleurs, certains de ces jeunes gens courageux vont être envoyés par les autorités d'occupation faire des travaux,

comme des moissons, faute de pouvoir justifier d'une activité professionnelle.

Comme nous l'avons souligné au début de notre article, cette répression, orchestrée par le pouvoir en place, va aller crescendo.

Entre 1940 et 1943, la presse française publie plus de 100 articles ouvertement "anti-Zazous"!

 

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Malgré cette chasse, le Zazou est omniprésent à Paris !

 

Il est partout : dans les terrasses des grands cafés de la capitale, comme le Pam Pam sur les Champs-Elysées, ou dans le Quartier Latin,

 

aussi dans le Bois de Boulogne pour faire des promenades, ou même encore dans les nombreuses caves du quartier Latin,

pour pouvoir écouter en sécurité et en secret le Jazz tant apprécié.

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Une musique que la France va découvrir très tôt grâce aux grands orchestres accompagnant les troupes de l' U.S Army.

De nombreux orchestres vont en effet parcourir l'Hexagone en suivant les armées américaines,

certains vont même devenir très célèbres auprès des populations autochtones.

N'oublions pas que les soldats Noirs composent 10% des 4 millions de soldats volontaires américains.

 

 

 - Référence musicale 4 (en bas d'article) -

 

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- James Reeese "Jim Europe" en 1918 (Source : J.M) -

 

 

 

Nous avions déjà abordé l'incroyable "aventure" de certains de ces soldats Noirs venus combattre les nazis en Europe.

James Resse Europe, surnommé "Jim Europe" (voir la photo ci-dessus), avait particulièrement attiré notre attention.

James Reese Europe est un chef d'orchestre talentueux originaire de Harlem à New York City.

Il est le génial créateur du Clef Club, en 1910, fameux club connu plus tard sous le nom de Tempo Club.

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Le Tempo Club est à la fois un orchestre, une salle de concert, et surtout, une bourse du travail pour les musiciens Afro-Américains de New York City.

Son club est le premier lieu festif qui voit se mélanger l'élite de la classe blanche WASP et l'élite de la communauté Afro-Américaine.

De plus, Jim Europe serait l'inventeur du  "One Step", pas de danse spécifique associé au "Fox Trot" ,

signalons, au passage, que pour certains c'est plutôt le compositeur W.C Handy qui serait à l'origine de ce pas de danse...querelle de spécialiste...

 

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Jim Europe va donc s'engager dans pour aller combattre en Europe avec l'U.S Army en 1916.

Il va, à partir de cette date, travailler d'arrache pieds pour proposer chaque soir des concerts , et même plus certains jours.

Jim va jouer, entre autres, au à l'Opéra de Nantes en 1917, puis au Théâtre des Champs Elysées en 1918,

il va récolter la gratitude et le succès des troupes qui peuvent grâce à ses fantastiques concerts fuir un instant ces temps de guerre.

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Cette histoire attachante illustre les liens, multiples, tissés entre la musique Jazz et le pays des Droits de l'Homme.

Une histoire qui va se poursuivre dés la fin de la Première Guerre Mondiale, en 1918,

avec l'installation de nombreux de ces combattants/musiciens Noirs à Paris. 

Cette présence de musiciens de Jazz en France va donc clairement faciliter l'éclosion de phénomène Zazou.

 

 

 - Référence musicale 5 (en bas d'article) -

 

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 - Boris Vian en 1939 (Source : H.C.F) -

 

 

 Le mouvement Zazou n'est pas à proprement parler "existentialiste", mais,

son attitude exacerbée, et de nombreuses citations,  les rattachent souvent trop rapidement.

Néanmoins, il y à bien un lien de "passage" entre les Zazous et l'Existentialisme,

au même titre que le lien entre les Zazous, le film "Les Tricheurs" et la Nouvelle Vague.

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Car, le Zazou veut lui aussi, tout comme le postulat existentialiste, être acteur de sa propre vie?

en luttant contre la prédestination du conformisme et des idéologies.

L'oeuvre de Boris Vian (1920 - 1959) est, par exemple, remplie de cette nouvelle envie.

 

Une nouvelle envie de liberté, insufflée et propagée, en partie, par "l'avant-garde Zazou". 

 

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 Même si Boris Vian n'est pas un pur existentialiste, il va contribuer, entre autres, à la revue les Temps Modernes de Jean Paul Sartre (1905 - 1980) .

Boris Vian va surtout être un ardent défenseur de le culture Afro-Américaine à travers sa passion pour le Jazz.

L'écrivain va jouer du Jazz dés 1937 avec le Hot Club de France, comme "Jazz in Paris".

Boris  Vian va également produire un grand nombre d'émissions radiophoniques consacrées au Jazz.

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Durant l'occupation, il fréquente le milieu du Jazz, mais, ce n'est que plus tard, après la Liberation, qu'il fréquente les Zazous.

Son oeuvre est imprégnée de la fréquentation assidue des caveaux de Saint Germain des Prés.

 •

Michelle Vian, la première épouse de Boris Vian raconte bien cette époque "Les Zazous portaient le costume Anglais de l'époque,

 •

qui rappelle celui qu'ont porté plus tard les Mods ..." (!!!..)

 

 

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 - (Source : UFAC) -

 

 

  Même si le but n'est pas de faire ici un "catalogue" de l'Existentialisme,

la compréhension de phénomène Zazou exigeait impérativement cette digression.

 

Comment d'ailleurs ne pas revenir un instant sur le phénomène de la musique Swing qui va accompagner et soutenir les Zazous.

 •

Le Swing est une véritable passion pour les français, c'est Johnny Hess, comme nous l'avions souligné au début,

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qui va être la grande star de cette musique, avec son ami et partenaire de chant Charles Trenet.

 •

En quittant ce dernier, Johnny Hess va se lancer, avec beaucoup de succès, dans une carrière solo.

 •

C'est même sa chanson "Je suis Swing", en 1938, qui va rendre populaire le terme "Zazou".

 •

C'est durant la même période qu'il ouvre son propre cabaret, "Le Jimmy's", qui devient vite un des repères Zazous.

 

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En 1941, l'orchestre "Jazz à Paris" se produit dans les cabarets et clubs de la capitale.

 

Cette même année, le compositeur et chef d'orchestre Robert Bergmann va fonder et diriger l'Orchestre Symphonique de Jazz de Paris.

 •

Le théâtre est lui aussi touché par cette véritable "fièvre Zazou" : le Théâtre du Gymnase rejoue la pièce "Jazz".

 •

Cette pièce écrite par Marcel Pagnol (1895- 1974) avait eu un succès relatif durant les "années folles" (affiche ci-dessous), elle va ainsi retrouver une nouvelle vie !

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Quelques mois plus tard, en février 1942, un énorme "Festival Swing" à lieu dans la salle Pleyl, toutes les vedettes Swing sont présentes.

 •

Une situation presque "Kafkaïenne", au regard de cette exposition mettant en avant le Jazz Swing,

 alors qu'en même temps le régime de Vichy prépare les Décrets qui vont être promulgués par l'Etat contre les Zazous.

Des Zazous qui vont donc être de véritables précurseurs, des pionniers qui vont ouvrir la voie à toute une culture urbaine et Underground.

 

 

 - Référence musicale 6 (en bas d'article) -

 

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- Affiche représentation de la pièce "Jazz" de Marcel Pagnol en 1926 au Théâtre des Arts à Paris (Source : J.M) - 

 

 

 

Dés la Libération, cette nouvelle culture "explose" littéralement dans les salles de danses et les caves de Paris à Saint Germain des Prés.

 

Quelques années plus tard, les jeunes cinéastes de la Nouvelle Vague, à la fin des années 1950, sont aussi les héritiers des Zazous.

Après la lecture de ces lignes, essayant de relater l'incroyable épopée du mouvement "Zazou",


un certain lien entre le phénomène
 Zazous et la culture Modernist semble évident.

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 Ce n'est pas uniquement la citation (voir plus haut) de Michelle Vian, ou les quelques détails vestimentaires,

comme le goût prononcé pour la culture Anglo-Saxonne ou l'obsession des "accessoires"  (l'usage du parapluie),

qui laissent penser à une certaine parenté entre ces deux cultures.

En effet, malgré ces quelques 40 années qui les séparent,

 

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c'est indéniablement l'intense volonté de liberté qui animent les Zazous, tout comme le mouvement Modernist.

Certes, comme nous l'avons déjà souligné les temps sont bien différents, mais face à l'adversité, ou au triomphe de l'horreur ordinaire,

ces jeunes gens ont réussi à garder fièrement la "tête haute", tout en se déjouant de l'adversité.

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Indiscutablement, c'est, en partie, une démarche et une volonté similaire qui va animer et forger notre culture Modernist.

Les Zazous restent un exemple à méditer et à respecter,

ils nous ont légué un "message" qu'il est primordial de cultiver face à la frénésie et à l'obscurantisme rampant !

 

Alexandre Saillide-Ulysse.

  

 

 

 75 M.N.S

 

 

 


 

 

 

Sources :

 

 

- Jean Claude Loiseau "Les Zazous", Editions Le Sagittaire, Paris, 1977

 

- Sandro Cassati "Charles Trenet : une vie enchantée" , Editions City, 2011

 

- Philippe Boggio "Boris Vian", Editions Le Livre de Poche, Paris, 1995

 

- Anne Legrand "Charles Delaunay et le Jazz en France dans les années 1930-1940", Editions du Layeur, Paris (1er édition 2006) 2010. 

 

 

 

 

 

Références musicales :

 

 

- Sélection 1 : Johnny Hess  "Ils sont Zazous" - RYTHM (2137) / (78 Tours) - 1942

 

- Sélection 2 : Cab Calloway "Zaz Zuh Zaz" - 1933

 

- Sélection 3 : Duke Ellington  "C Jam Blues" - STORYVILLE - 1942

 

- Sélection 4 : Jim Europe 369th Infantry "Hell Figthers Band"  " Menphis Blues" - I.N.A -  1917

 

- Sélection 5 : Boris Vian "Je suis snob" - POLYGRAM - 1954

 

- Sélection 6 : Bunk Johnson "Sister Kater " - SWING MUSIC SERIES - 1947 

 

 



22/02/2016
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