Le Cercle Modernist

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Préface "Disc Jockey Tabula"

 

verdie10.jpg- Platine FX30 (Source : Hifi M.) -

 

 

  Tout d'abord, le terme"Disc Jockey" est employé ici, car il apparaît comme plus explicite, en comparaison au sempiternel terme à la mode Dj...

D'ailleurs, cette dénomination Dj est désormais largement galvaudée : mise à toute les sauces. Elle est complètement vidée de son sens, en ne représentant vraiment plus grand chose.

Devenir "Dj" est devenu un "but" en soi. C'est même de nos jours une carte de visite opportuniste, bien loin d'une démarche guidée par la passion, exigeant plusieurs années d'apprentissage. Une exigence à mille lieu du "court termisme" ambiant qui laisse naïvement penser que tout est à porté de main, en un clic magique...

A l'origine, ce terme désigne un animateur d'émission musicale radiophonique. L'étymologie  du terme est d'ailleurs assez précise : d'un côté le terme Disc, en référence au vinyle bien entendu, puis Jockey, pour rappeler le rôle de l'opérateur sur la "machine" (radio, platine...).

Plus précisément, le terme Disc Jockey est inventé par le journaliste et commentateur radio Walter Winchell.

Ce dernier invente le terme en 1935, lors d'une conversation dans un de ses nomlbreux reportages sur les ondes radiophoniques aux Etats-Unis. 

LOGO_ORTOFON.jpg- (Source: Ortofon R.) -

   

Walter Winchell utilise ce terme pour décrire le travail de "l'annonceur" radiophonique Martin Block. Ce dernier est le premier Disc Jockey bénéficiant d'une véritable notoriété sur tous le territoire des Etats-Unis.

Mais, en réalité, le tout premier Disc Jockey est un jeune adolescent qui répond au nom de Ray Newby. Ce jeune homme réside encore au domicile de ses parents à San Jose en Californie.

Dès qu'il à 16 ans, Ray Newby anime une émission de radio locale grâce à une précieuse aide, celle du riche homme d'affaire Charles "Doc" Herrold. 

Celui ci est un des pionniers à se lancer dans l'aventure radiophonique, alors que la radio n'est pas encore répandue partout.

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Tel un philanthrope, il va soutenir ce jeune homme passionné de musique. Un jeune homme en qui il voit un avenir très prometteur. Ray Newby va d'ailleurs parler lui même de cette incroyable aventure radiophonique dans un livre autobiographique intitulé "I've got a secret", édité en 1965.

C'est bien plus tard que l'emploi du terme Disck Jockey se démocratise. C'est plus exactement après la Seconde Guerre Mondiale que ce terme est employé plus usuellement.

C'est en grande partie grâce à la nouvelle percée du Jazz. Il permet, avec son essor commercial, la création, puis le développement, de nombreux métiers autour de la musique, dont justement celui de Disc Jockey. Un rôle qui devient vite un élément primordial et incontournable dans toutes les équipes radiophoniques.

  

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- XXXIIIème anniversaire Original Gambette Mods (Source : 75 M.N.S) -

 

 

 Cette culture autour des disques et leur technique de diffusion, est depuis les origines un élément fondateur du Real DealL'article consacré à Guy Stevens (partie "Blues" de la rubrique "Race Music" dans "Le Cercle Modernist") illustre parfaitement notre obsession portée sur la collection de disques vinyles.

La qualité d'une soirée Mod est intrinsèquement liée à la qualité de sa sélection musicale. Notons que cette qualité était d'ailleurs supérieure à des époques encore perméables à l'intrusion des non initiés.

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Encore de nos jours, la personnalité et la qualité du travail aux platines d'un Disc Jockey est un gage de réussite pour un événement, et cela malgré l'évidente nouvelle facilité pour acquérir des galettes...

L'art du Disc Jockey ne se limite pas, en effet, à accumuler des titres découverts récemment sur YouTube, et acquis avec précipitation "sur le net"... le "court termisme" ne peut être en harmonie avec une passion qui a plutôt besoin de temps pour s'épanouir pleinement.

  

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 - Encart Publicitaire (Source: BillBoard.M) -

 

  

Pour Tabula, c'est un terme en Latin me direz vous... Or dés les premières lignes du "Cercle Modernist", j'avais en effet souligné le rôle, et le sens, des langues employés volontairement dans les lignes de ce blog.

Que ce soit avec le Latin, la langue Anglaise, ou avec la langue française, l'objectif est toujours le même : essayer de décrire au mieux notre culture. Une culture qui doit conserver toute sa richesse qui ne se limite pas à un catalogue promotionnel...

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Le terme Tabula (table ou tablette en Latin) illustre bien ce lieu de prédilection , ce fief même, du Disc Jockey : les platines . Ce lieu permet au Disc Jockey de s'exprimer pleinement par l'intermédiaire de ses vinyles, en usant pour cela sa propre technique de diffusion.

 

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- "L'excellence Modernist aux platines..." De gauche à droite Richard "Shirley" Early, Paul Hallam et Thierry SteuveLondres, circa 1985 (Source : H.M) -

 

Notons que la plupart du temps, ce sont les termes Desk, Turnables, Djing, ou"MC Place"... qui sont couramment employés. Indéniablement la langue anglaise est extrêmement bien dotée en termes désignant ce lieu si particulier.

Mais il est vrai que nos amis britanniques ont depuis longtemps assimilé l'apport des différentes cultures Undergroud ... Dans cette optique, les Modernist sont incontestablement les principaux pourvoyeurs, même d'ailleurs au niveau juridique et pénal !..

Au contraire, nous nous contentons souvent de parler de "platines", ou plus communément de Dj : comme si nous n'avions aucune spécificité à faire valoir. Alors pour changer "la donne", pour innover un peu dans ce domaine : notre rubrique s'intitule "Disc Jockey Tabula".

 

Alexandre Saillide-Ulysse.

 

75 M.N.S    



20/07/2015
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