Le Cercle Modernist

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Clyde Mc Phatter

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-  Clyde Mc Phatter  (1932 / †1972) (Source : RB) - 

 

 

 Incontestablement, Clyde Mc Phatter est un des artistes de Rhythm'n'Blues Afro-Américain que nous apprécions tout particuliérement.

 •

Sa musique, et son inimitable voix, vont avoir une influence considérable durant les années 1950 et 1960.

Pour nous Modernist, il représente la quintessence des premières années du Rhythm'n'Blues Afro-Américain.

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Pourtant, Clyde Mc Patther va rester, durant de longues années, dans un certain anonymat pour le grand public.

Bien heureusement, l'oeuvre de Clyde Mc Phatter va "réapparaître" sur le devant de la scène au début des années 1980.

Effectivement, nombres de ses morceaux vont être repris sur diverses compilations en Angleterre, et en Europe continentale.

 

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Notons que vous trouverez ses morceaux, plutôt sur des compilations sorties par des labels estampillés Fifties ....

 •

En abordant la féconde carrière musicale de Clyde Mc Patther, authentique prince inconnu du Rhythm'n'Blues,

c'est une grande partie de la fabuleuse et fascinante histoire de la musique Afro-Américaine que nous allons parcourir.

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A l'origine, la puissante et très touchante voix de Clyde Mc Patther va se forger grâce à la pratique de la musique Gospel (Gospel Hyms).


Tout comme le chanteur Sam Cooke, mais un peu plus tard (reportez-vous à l'article dans cette même rubrique du Cercle Modernist),

Clyde Mc Phatter est un des premiers chanteurs de Rhythm'n'Blues à utiliser les chants Gospel dans ses compositions musicales.

 

 

 - Référence musicale 1 (en bas d'article) -

 

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 - Chanteuse de Gospel circa 1930 Chicago (Source : UAG) -

 

 

Dès sa naissance, Clyde Lensley Mc Pather est immergé dans la culture et la musique Gospel Afro-Américaine.

Clyde Lensley Mc Pather voit le jour le 5 novembre 1932 dans la ville de Durham, située dans l'état de Caroline du Nord.

Dès le départ l'environnement du jeune Clyde est clairement religieux : son père, le révérend George Mc Phatter, est Pasteur Baptiste.

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Le jeune Clyde est le quatrième des six enfants de Vera Mc Patther, sa mère. qui est également une musicienne organiste.

La communauté Baptiste est très fortement représentée dans l'état de Caroline du Nord, tout comme dans le Deep South.

De plus, la musique Gospel, qui connait sa toute première période avec les chants des Noirs récemment émancipés des états du Sud,

 

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est un genre musical bien spécifique ; un genre qui voit, d'abord, le jour et émerge dans les états du Nord des Etats-Unis.

Cette émergence dans les états du Nord peut surprendre, pourtant c'est bien dans cette partie des Etats-Unis que le Gospel voit le jour.    

le Gospel émerge effectivement dans les états du Nord au contexte plus favorable à lutte contre l'esclavage et l'influence Anglaise.

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N'oublions pas que au lendemain de la Guerre Civile (1861-1865) les premiers établissements universitaires Noirs

(comme par exemple Hampton en Virginie ou Fisk dans le Tennesseevoient le jour avec la formation d'ensembles vocaux.

Ces ensembles vocaux, de tous types, vont être les premiers a diffuser ces nouveaux chants et rythmes.

 

 

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 - Illustration du travail aux champs des esclaves Noirs aux XVIIe siècle aux Etats-Unis (Source : BNF) -

 

 

Des chants puissants issus de la lutte acharnée pour l'émancipation de la communauté Noire Afro-Américaine.

N'oublions surtout pas que le Gospel est justement lui même issu du Negro-Spiritual,

dont l'histoire débute avec la déportation de millions d'hommes Noirs d'Afrique Occidentale par l'esclavage.

• 

Un système esclavagiste qui va ériger ce système inhumain et odieux en véritable négoce, commerce, et même Code !..

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En fait, les premiers chants vont apparaître pour rythmer le travail harassant et très pénible des esclaves Noirs.

Ce sont de simples chants (appelés "shouts") sans accompagnement : les légendaires Work Songs (chants de travail).

Les Work Songs vont permettre aux esclaves Noirs de contourner l'interdiction de parler durant leur dur labeur aux champs.

 La technique de chant appelée Shout est une manière spécifique de chanter par des phrases courtes et acerbes.

 

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Tout en apportant du rythme au texte, cette technique du Shout permet également de communiquer secrètement.

En effet, beaucoup de messages codés vont permettre aux esclaves Noirs en fuite de s'échapper et retrouver ainsi la liberté.

Indéniablement, cette culture des Negro Spirituals est totalement ancrée dans l'environnement du jeune Clyde Lensley.

  La ville de Durham se situe justement au coeur de ce territoire dédié aux Temples Baptistes et à la musique Gospel.

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De plus, Clyde va passer ses plus jeunes années tout auprès de son père Pasteur, en chantant et en l'aidant fidèlement pour l'Office. 

 •

C'est donc tout naturellement que le Clyde Lensley Mc Phatter commence à apprendre la musique auprès de son père au Temple.

 •

A l'age de 5 ans Clyde accompagne donc son père (Vera est à l'orgue !), en chantant avec ses trois frères, et ses trois soeurs.

 •

Clyde Lensley Mac Phatter va chanter et s'exercer ainsi, auprès de toute sa famille, durant prés de cinq années.

 

 

 - Référence musicale Bonus Track (en bas d'article) -

 

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 - Apollo Theatre à New York City (Source : L.C / W.G) -

 

 

C'est à partir de ses 10 ans que le jeune Clyde devient le premier chanteur de cette petite formation de Gospel.

Dès 1945 la famille de Clyde s'installe dans la ville de Teaneck, située dans le Conté de Bergen dans l'état du New Jersey.

Clyde Lensley Mc Phatter est inscrit à la Chelsior High School de Teaneck pour y débuter son cursus scolaire.

En fait, la petite famille Mc Phatter ne va pas rester longtemps dans la petite ville de Teaneck : ils rejoignent New York City qui n'est qu'à quelques kilomètres ...

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En arrivant à New York City, Clyde intègre rapidement le groupe The Mount Lebanon : une formation de Gospel qui déjà rencontre un franc succès.

Clyde Lensley Mc Phatter va donc expérimenter et parfaire sa formation de musicien et de chanteur durant toutes ses années d'adolescence.

Nous retrouvons le jeune et talentueux Clyde Mc Phatter quelques années plus tard, en 1950, toujours installé à New York City,

lorsqu'il remporte avec succès le premier prix lors d'une compétition musicale amateur organisé par le prestigieux Apollo Theater.

 

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Cette belle et brillante victoire (au concours amateur de l'Apollo Theatre) va changer le cours de sa vie de jeune musicien.

Effectivement, même si le jeune Clyde reprends (pour un très petit laps de temps ...) son travail, il est directement contacté par Billy Ward.

Ce dernier est en effet à la tête d'une formation, appelée Billy Ward & The Dominoes. qui cherche justement un chanteur.

C'est ainsi que dès 1950, Clyde Mc Phatter rejoint et chante pour le groupe de Billy Ward, Billy Ward & & The Dominoes.

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Clyde participe a l'enregistrement (en 1950) du morceau "Six Minute Man" pour FEDERAL Records, qui ne va sortir qu'en 1951.

Ce superbe morceau, "Six Minute Man", qui est écrit par Billy Ward et Rose Marks, va rencontrer un très grand succès.

C'est même un des premiers morceaux de R&B Afro-Américain à intégrer les meilleures places des Pop Charts aux Etats-Unis.

Soulignons que le texte va pourtant choquer la forte communauté chrétienne et Baptiste, le morceau va même être banni de certaines radios !

 

- Référence musicale 2 (en bas d'article) -

 

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   - The Dominoes circa 1951 (Source : M.V / R&B B)

 

 

Précisons que ce tout premier succès d'importance pour Clyde, sort en fait sous le nom des Dominoes (FEDERAL Records 12022).

Ce n'est d'ailleurs que le deuxième 45's enregistré par le groupe The Dominoes pour cette compagnie de disques originaires de Cincinnati dans l'Ohio.

FEDERAL Records est une subdivision, comme de nombreux autres petits labels durant cette période d'or du vinyle aux Etats-Unis,

d'une plus grande compagnie : KING Records en l'occurrence, le fameux label né en 1943 grâce à monsieur Syd Nathan.

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De son côté, FEDERAL Records vient justement d'être crée par le talentueux producteur Ralph Bass en 1950.

C'est justement le groupe The Dominoes qui va enregistrer le tout premier 45's du label avec les morceaux "Chicken Blues",

avec "Do something for me" en face B (FEDERAL Records 12001 en 1950) ... Deux superbes morceaux au Jump incroyable !

Notre scène Modernist apprécie d'ailleurs fortement les nombreuses et brillantes productions de ce label de très haute qualité.

 

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Notons que le label FEDERAL va se spécialiser, en plus du Rhythm'n'Blues Afro-Américain, en musique Rockabilly et Hillibilly,

comme avec la deuxième production du label : le morceau "Tennessee" de Tommy Scott (du pure Rockabilly..), ou juste après avec le "Rockin and Rollin".

N'oublions pas, tout de même, que ce label va accueillir les meilleurs artistes Afro-Américain de son temps :

James Brown qui signe l'année 1956 en sortant le morceau "Please, Please, Please" qui devient immédiatement un succès local ;

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sans oublier, entre autres, Hank Ballard & The Midnighters, Freddie King ou Johnny "Guitar" Warson.

Clyde Mc Patther va acquérir une forte renommée avec la formation des Dominoes,  groupe qui est au départ dirigé par Billy Ward.

Le groupe va rapidement devenir plus populaire que ses nombreux concurrents, dont les plus notables sont The Clovers, The Ravens, ou The Five Key's.

C'est durant ces années auprès des Dominoes que Clyde va imposer son style de chant si personnel, directement issu des chants sacrés du Gospel.

 

 

- Référence musicale 3 (en bas d'article) -

 

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 - Encart publicitaire circa 1952 (Source : BBM) -

 

 

Durant trois années Clyde Mc Phatter va donc chanter avec les Dominoes, cette collaboration très fructueuse va donner des morceaux devenus des classiques.

De véritables perles de ma musique Afro-Américaine comme "The Bells", "This foolish Reminds Me of You" ou encore "Have Mercy Baby".

Ce dernier morceau, "Have Mercy Mercy Baby", écrit par Billy Ward et produit par Ralph Bass, va rencontrer un important succès.

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Le morceau est caractéristique des chants de Gospel en Quartet, tout en amenant un rythme et un phrasé nouveau.

Le morceau est structuré en un chant "Call and Response", certains vont même parler de Gospel Funk pour désigner ce nouveau style. 

C'est plus tardivement que "Have Mercy Mercy" va rencontrer un plus grand succès avec l'interprétation de James Brown en 1964 pour King Records (5968).

 

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Le morceau "Have Mercy Mercy" fait d'ailleurs parti de l'album mythique "Papa's Got a Brand New Bag", sorti également la même année (1964).

Notons que The Bobettes, en 1960, puis le groupe de Doo-Woop The Rivingtons en 1964 vont également interpreter ce morceau, mais avec moins de succès. 

 •

Pourtant, malgré cette incontestable réussite avec les Dominoes, Clyde Mc Patther va décider de quitter le groupe en 1953.

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En fait, les rapports entre Billy Ward et Clyde Mc Phatter se dégrade : la formation ne peut pas avoir deux leader en même temps ...

Les dissensions et les accrochages sont de plus en  plus courant entre les deux chanteurs à propos des contrats, et de la répartition de l'argent au sein des Dominoes.

Clyde Mc Phatter ne veut plus rendre de compte à Billy Ward, le clash est donc inévitable : il décide donc de partir en quittant le groupe.

 

- Référence musicale 4 (en bas d'article) -

 

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 - Clyde Mc Phatter circa 1959 (Source : BBM) -

 

 

Malgré ce fort conflit et ce "Clash" entre les deux hommes, Clyde Mc Phatter restera toujours respectueux de Billy Ward :

lors d'un entretien avec un journaliste il n'hésite pas à rendre un hommage appuyé à son vieux complice...


Dès que Clyde Mc Phatter quitte les Dominoes, la compagnie de disques ATLANTIC Records lui propose de signer un contrat.

Clyde est effectivement repéré par Ahmet Ertegüm lors d'un concert des Dominoes au célèbre Birdland Club situé dans la Big Apple.

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Ahmet Ertegüm est un véritable philanthrope, riche homme d'affaires possédant la double nationalité Américaine et Turque.

Ahmet est issu d'une famille de diplomate (son père est l'Ambassadeur de Turquie à Washington) et d'origine aristocratique.

   Il est le légendaire fondateur et propriétaire de la puissante compagnie ATLANTIC Records, originaire de New York City.

Notons, au passage, que la toute première adresse du label ATLANTIC est située à l'Hotel Ritz de Manhattan !...

 

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Avec l'aide de son manager personnel, Clyde Mc Phatter est autorisé par ATLANTIC Records a créer sa propre formation.

Ils vont ainsi auditionner de nombreux musiciens et chanteurs, avant de trouver finalement la formule idéale ... du moment !

C'est ainsi qu'est mis sur pieds, en 1953 exactement, le mythique groupe qui va rencontrer le plus de succès à la fin des années 1950 : The Drifters.

Notons que dès ses débuts, le groupe des Drifters se distingue par un savant mélange de styles biens définie : un mélange de voix et de guitares.

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 Grâce à l'aide de Jerry Wexler, fameux producteur et journaliste, la fusion prend entre les membres de cette toute nouvelle formation.

Au passage, rappelons que monsieur Jerry Wexler est le journaliste qui va inventer le terme Rhythm'n'Blues lorsqu'il écrit,

au début des années 1950 au tout début de sa carrière aux Etats-Unis, pour le fameux journal spécialisé BillBoard Magazine.

Malgré cette bonne préparation, les touts premiers enregistrements des Drifters ne sont pas assez satisfaisant pour ATLANTIC Records.

 

 

- Référence musicale 5 (en bas d'article) -

 

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 - Clyde Mc Phatter & The Drifters circa 1954  (Source : AR) -

 

 

Effectivement, le morceau "Lucille", écrit par Clyde Mc Phatter lui-même, n'est pas sorti par le label en 1953, mais plus tard en 1954.

Clyde va donc revoir sa copie, finalement c'est en août 1953 que le groupe sort ses premiers singles pour ATLANTIC Records.

Précisons qu'après avoir choisit le nom de "Clyde Mc Phatter & The Drifters" pour les deux premiers singles du groupe,

la production du label sort les singles suivants sous un nouveau nom : "The Drifters Featuring Clyde Mc Phatter".    

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 Au passage, notons que le groupe des Drifters va connaître de très nombreuses et différentes montures lors de sa très longue carrière.

De plus, le rapide succès du groupe explique la sortie plus tardive du morceau "Lucille", en 1954, comme évoqué auparavant.

Fin 1954, Clyde est obligé de quitter un temps son groupe des Drifters, et sa passion pour la musique, pour effectuer son service militaire.

Après la fin de son service militaire, Clyde Mc Phatter prend donc la décision de se lancer dans une nouvelle aventure : une carrière en solo.

 

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En 1955, Clyde enregistre enfin son premier single tout seul, "Love Has Joined us Together" (ATLANTIC Records 1077).

Précisons, tout de même, qu'il enregistre ce morceau en duo, accompagné de la brillante chanteuse Ruth Brown.

A partir de ce moment, la carrière de Clyde va réellement décoller : il rencontre un grand succès auprès du public.

Entre cette fin d'année 1954, et le début des années 1960 Clyde Mc Phatter va sortir de très nombreux morceaux de grandes qualités.

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C'est son morceau "Treasure Of Love" qui est son tout premier grand succès :  plusieurs millions de singles vont être vendus tout de même !

Le morceau obtient la première place des Charts, en 1956 en Angleterre, tout en devenant plus tard un véritable classique de R&B.

Un peu plus tard, en 1958, Clyde Mc Phatter rencontre également un joli succès avec "A Lover's Question", écrit par Brook Benton.

Le morceau obtient la sixième place dans le R&B Chart aux U.S.A et traverse l'Atlantique pour se placer aux premières places des Charts Anglais.

 

- Référence musicale 6 (en bas d'article) - 

 

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 - Encart publicitaire ATLANTIC Records en 1954 (Source : SB) -

 

 

La période passée au sein de l'incroyable écurie du label ATLANTIC est incontestablement la plus heureuse pour Clyde Mc Phatter.

Au sein de la compagnie d'Hamet Ertegüm, ATLANTIC Records, Clyde va connaître ses premiers et plus beaux succès.

C'est aussi grâce à ce généreux et visionnaire philanthrope qu'il va enfin révéler toute l'étendue de ses talents de musicien.

Malgré la réussite de leur collaboration, et leur rapport privilégié, Clyde Mc Phatter va choisir de changer de maison de disques.

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La décision du chanteur est motivée par une volonté de changement, mais aussi de trouver un public plus large et international.

Cette dernière raison explique en partie le choix de Clyde Mc Phatter de signer pour l'illustre compagnie MGM Records, en 1960.

Avec la puissance commerciale et financière internationale du label MGM, Clyde pense pouvoir franchir un nouveau palier.

Il enregistre, entre autres, pour MGM Records "I Told Myself I Lie" et "Think Me a Kiss", avant de changer une nouvelle fois label !

 

 - Référence musicale 7 (en bas d'article) - 

 

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 - Affiche promotionnelle ATLANTIC Records fin 1955 (Source : BBM) -

 

 

Clyde Mc Phatter signe cette fois-ci, en 1960, pour la compagnie MERCURY Records.

 •

Une grande maison de disques représentant une des nombreuses subdivisions de l' "Universal Music Group Inc."

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La toute première production de Clyde pour MERCURY Records sort exactement en juillet 1960 :

les morceaux "Ta Ta" et "I Ain't Givin'Up Nothing" rencontrent tout de suite le succès auprès du public.

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Jusqu'en 1965, en mars plus exactement, Clyde Mc Phatter va enregistrer prés de 17 singles pour le label MERCURY Records.

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Avec le morceau "I Never Knew" (édité en 1961), Clyde obtient un des plus importants succès auprès de son nouveau label.

 •

Mais c'est son superbe morceau  "Lover's Please", sorti en février 1962 (numéro 71941 du label) qui fait le plus ventes.

 •

En fait, lors de sa première sortie le morceau ne va pas rencontrer le succès qu'il mérite auprès du public.

 

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Malgré son incontestable potentiel, "Lover's Please" ne se place effectivement qu'en septième position dans les Charts de 1962 !

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Au final, ce n'est que bien plus tard qu'il devient un véritable classique du genre, grâce aux nombreuses compilations.

 •

Composé par Bill Swan et produit par Shelby Singleton, "Lover's Please" est une véritable perle de Jumpin' Rhythm 'n' Blues.

 

La fantastique voix de Clyde, qui est firmament de sa carrière, est accompagnée par une orchestration de très haut vol.

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Au final, ce n'est que bien plus tard que "Lover's Please" devient un véritable classique, un hymne pour certains ... 

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Notons que c''est un morceau particulièrement apprécié par les Real'Modernsit ... In Demand fOr The Smart'crOwd !

En 1965 Clyde change de nouveu de label, l'instabilité chronique de sa santé en est une des explications, en signant pour AMY Records.

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C'est aussi une période différente pour les collectionneurs, car cette seconde partie de carrière est souvent plus connue par sa filiation Soul.

 

- Référence musicale 8 (en bas d'article) -

 

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 - Clyde Mc Phatter en 1960 (Source : BBM) -

 

 

Les nouvelles productions de Clyde Mc Phatter sont désormais bien loin du pure Rythm'n'Blues du début des années 1950.

 

Avec AMY Records, label crée en 1960 par la plus grande compagnie de disques BELL Records, Clyde enregistre 5 singles au total.

 

Son tout premier morceau pour AMY Records, "Everybody Loves a Good Time" (AMY 950), sorti fin 1965,

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illustre parfaitement les nouveaux styles musicaux du chanteur, bien ajusté aux goûts de ce milieu des années 1960.

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Des ballades Mid-Tempo, le plus souvent accompagnées par une imposante section de violons et une orchestration dramatique

 

("A Little Bit Of Sunshine" en 1966), ou des morceaux sonnant plus R&B comme "I'm Not Going To Work Today".

 

Bref, comme je l'ai souligné auparavant, c'est un ensemble de morceaux fortement apprécié par la scène Northern Soul en Angleterre.

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C'est sûrement le morceau "Lonely People Can't Afford To Cry" (AMY 993) qui remporte le plus de suffrages parmi ses productions AMY Records.

 

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Par la suite, durant deux années (1968 et 1969) Clyde s'installe en Angleterre et signe un nouveau contrat.

 

C'est auprès de DERAM Records qu'il va  enregistrer deux singles à Londres : la ballade "Only A Fool",

 

et "Baby You Got It", autre Hit  Northern Soul, qui rencontrent tous deux un certain succès grâce à la Radio.

 

Au niveau plus personnel, durant les années 1960, Clyde Mc Phatter va avoir une hygiène de vie déplorable.

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Il va malheureusement devenir de plus en plus dépendant à l'alcool durant ses longues et interminables tournées.

 •

En partant en Angleterre pour travailler avec DERAM Records il pensait s'éloigner de ses addictions, mais le problème persiste ...

 

En revenant sur le sol des Etats-Unis, en 1970, Clyde pense enfin relancer sa carrière dans son propre pays.

 

Il réussit à remporter la signature d'un nouveau contrat auprès d'une autre grande et puissante compagnie : DECCA Records.

 

 

- Référence musicale 9 (en bas d'article) - 

 

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 - Logo DECCA Records 60's (Source : 75 M.N.S) -

 

 

Cette compagnie de disques lui semble plus en phase avec le temps, elle devrait lui permettre de trouver, puis de reconquérir ce nouveau public.

 •

Clyde Mc Phatter n'a pas beaucoup enregistrer pour la compagnie DECCA Records, juste quelques singles, et un Lp,

 

pourtant sa chanson "Please Give Me One More Chance" (Smooth'Dancer CrossXover) est sûrement parmi ses plus connues ... 

 •

Malheureusement, au tout début des années 1970, Clyde est bien malade : depuis son retour d'Angleterre sa santé ne s'est pas amélioré.

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Tout en souffrant toujours des conséquences de son alcoolisme invétéré, de graves problèmes cardiaques apparaissent en plus.

 •

C'est ainsi que le 13 juin 1972 Clyde Mc Phatter meurt dans son lit, à New York City, durant son sommeil.

 

En mourant si jeune, à tout juste 39 ans (!), Clyde laisse beaucoup de personnes terrassées par cette terrible nouvelle.

 •

Son enterrement va se dérouler dans l'intimité, au George Washington Memorial Park de Paramus dans l'état du New Jersey.

 

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Tout comme avec ses fabuleuses chansons, tout le long de son oeuvre, ce n'est "qu'après coup" que l'immense talent 

de Clyde Mc Phatter va être enfin reconnu à sa juste mesure par l'ensemble de la communauté musicale.

Clyde est honoré et introduit dès 1987 au sein du fameux Rock and Roll Hall Of Fame de Cleveland dans l'état de l'Ohio.

 •

Puis, c'est pour sa carrière avec les Drifters qu'il est récompensé par le Vocal Group Hall Of Fame en 1998.

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En fait, Clyde Mc Phatter ne nous a pas réellement quitté : effectivement, durant les années 1990,

 

la fabuleuse chanteuse Ruth Brown révèle que Clyde Mc Phatter est en fait le véritable père de son fils Ronald (né en 1954) !

 •

Plus sérieusement, Clyde Mc Phatter reste à jamais un véritable artiste, et un chanteur de grande exception.

 •

Sa voix en Falsetto, reconnaissable à la première note, va marquer cette période charnière de la musique Afro-Américaine.

 

 

- Référence musicale 10 (en bas d'article) -

 

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 - Darrow Fletcher circa 1969 (Source : DR) -

 

 

Indéniablement, la carrière de Clyde Mc Phatter représente une culture dont notre scène est particulièrement attachée,

 •

Effectivement, n'oublions JAMAIS que cette culture Afro-Américaine est indissociable de nos véritables racines Modernist.

Des racines musicales Afro-Américaine spécifique à notre culture Modernist, justement mises en exergue par le Real Deal ;

et, surtout (!), très différentes des lamentables clichés propagés par les non-initiés à la "CoOlest Attitude" ... 

 

 

Alexandre Saillide-Ulysse

 

75 M.N.S 

 

 

Sources :

 

 - Peter Guralnick , "Sweet Soul Music : Rhythm'n'Blues and the Southern Dream of Freedom",

Editions HARPER & ROW, New York City, 1986.

- Phyl Garland , "The Sound Of Soul" -Editions BUTCH-CHASTEL, Paris, 1972

- Jacques Barsamian et François Jouffa, "Encyclopédie de la Black Music", Editions MICHEL LAFON, Paris, 1994

- Emmet G.Price, "Encyclopedia Of African-American Music", Editions ABC-CLIO, Santa-Barbara (CA/USA), 2011.

 

Références musicales :

 

 - Sélection 1 : The Roberta Martin Singers "Old Ship Of Zion" - SAVOY Records (123/ 78's)

- Sélection 2 : The Dominoes " That's that you're doing to me" - FEDERAL Records (12059) - 1951

- Sélection 3 : The Dominoes "Six Minute Man" - FEDERAL Records (12022) - 1951 

- Sélection 4 : Clyde Mc Phatter "There You Go" - ATLANTIC Records (2038) - 1959

- Sélection 5 : Clyde Mc Phatter & The Drifters "Lucille / Such a Night" - ATLANTIC Records (1019) - 1954

- Sélection 6 : Clyde Mc Phatter & The Drifters "Money Honey" - ATLANTIC Records (1006) - 1953

- Sélection 7 : Clyde Mc Phatter "Seven Days" - ATLANTIC Records (1081) - 1955

- Sélection 8 : Clyde Mc Phatter "Ta Ta" - MERCURY Records (71660) - 1960

- Sélection 9 : Clyde Mc Phatter "Please Give me one more Chance" - DECCA Records (LP DL75231) - 1970

- Sélection 10 : Clyde Mc Phatter " Lonely People Can't Afford To Cry" - AMY Records (993) - 1967

- Bonus Track : Clyde Mc Phatter "Lover's Please" - MERCURY Records (71941) - 1962



17/05/2017
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