Le Cercle Modernist

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Billy “Boy” Arnold

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- Billy "Boy" Arnold circa 1955 (Source : VJR) -

  

Ce nouvel article de votre rubrique "Race Music / Blues" est cette fois dédié à un très grand Bluesmen toujours parmi nous en 2021. Billy Boy Arnold est un guitariste chanteur et harmoniciste, âgé aujourd’hui de 85 ans. Malheureusement une véritable exception au regard des nombreux pionniers du Blues authentique Afro/Américain disparus.

Billy Boy Arnold est un Bluesmen inoxydable, sa dernière réalisation, "The Blues Soul of Billy Boy Arnold" date de 2014. Billy "Boy" Arnold est un puissant pourvoyeur, innovateur et maître certifié du son Blues de Chicago créé par Muddy Waters et Little Walter. Alliant sa voix soul à des riffs poignants de harpe et à une écriture astucieuse, la musicalité d’Arnold authentifie sa place parmi les grands harmonicistes Blues de l’histoire.

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Arnold est un puissant pourvoyeur, innovateur et maître certifié du son Blues de Chicago créé par Muddy Waters et Little Walter. Surtout, Billy "Boy" Arnold est l'unique, précoce et véritable élève de John Lee « Sonny Boy » Williamson, l’iconique premier du nom. Il a souvent failli passer à la trappe. Dans la section harmonica, Billy Boy Arnold a longtemps fait figure d’oublié parmi les grands Bluesmen du XXe siècle.

Billy Boy Arnold est une figure dans la culture musicale Modernist, son morceau "I Wish Yoy Would" fait partie indubitablement des grands classiques de Blues souvent joué aux platines durant les soirées Modernists authentiques. Le son inimitable de son harmonica est synonyme de pureté, une atmosphère indissociable des danses sophistiquées et élégantes pratiquées par les Mods.



Référence musicale 1 (en bas d'article) -

  

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- Billy "Boy" Arnold circa 1953 (Source : BM) - 

 

Arnold William, surnommé plus tard Billy "Boy" Arnold, est né dans la mégalopole Chicago, dans l'état de l'Illinois, le 16 septembre 1936. Au milieu des années 1930, la ville de Chicago est peuplée par prés de 3,5 millions d'habitants, trois années auparavant, en 1933, la Windy City avait accueilli la fameuse Exposition Universelle "Century Of Progress". La ville est une des plus grandes métropoles des Etats-Unis et un de ses principaux poumons économiques.

Tout jeune garçon Arnold William va passer une prime enfance joyeuse mais dans une grande pauvreté, comme de nombreux autres jeunes Afro-Américains. Très tôt, Arnold William est attiré et littéralement fasciné par la musique Blues qu'il entend autour de lui. Il va très vite, malgré son jeune âge, observer et rencontrer de nombreux musiciens de la Windy City qui se produisent directement dans la rue, pour essayer de gagner quelques pièces.

Billy "Boy" Arnold va effectivement être formé à l’école Sonny Boy, puis aussi influencé par les harpistes qui ont fait chavirer Chicago, Little Walter et Junior Wells.

 William Arnold va donc grandir en idolâtrant Sonny Boy Williamson et d’autres Bluesmen du milieu du siècle, dont beaucoup étaient associés au label Bluebird de Chicago. Des musiciens de génies qui développaient une mise à jour urbanisée du Blues en version acoustique clairsemé, encore bien répandu dans l'authentique Deep South des Etats-Unis.

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 Contrairement aux nombreux artistes de musique Blues qui ont émigré dans la ville de Chicago à partir du profond Sud, Billy "Boy" Arnold fait clairement partie de la première génération de Bluesmen. Une toute première génération de musiciens réellement nés et élevés dans l'immense ville de Chicago. Arnold est littéralement fasciné par cette musique, il tombe amoureux à son très jeune âge du son si spécifique de la musique Blues.

Ce sont plus particulièrement les disques vinyles de Sonny Boy Williamson qui vont l'émouvoir fortement. La puissance des compositions de Sonny B.W va effectivement le pousser vers ce style de musique Blues Afro-Américain incomparable. L'incroyable charisme, et la légendaire virtuosité de Sonny Boy Williamson vont séduire et "aimanter" une grande partie des Bluesmen de l'état de l'Illinois. Le Blues de Sonny B.W II va fortement irriguer, et influencer, l'ensemble du Delta du Blues dans le Deep South Américain.

En 1948, le jeune Billy a découvert que Williamson vivait à proximité, et il a entrepris de le trouver. Lors d'une de ses interview, Billy "Boy " Arnold va déclarer a ce propos "Pour moi, c'était un désir ardent, je voulais être Sonny Boy Williamson". Mais surtout, c'est le maître lui même Sonny Boy Williamson qui a  pris goût au jeune musicien fan. Malheureusement, peu de temps après la troisième visite de Arnold, Williamson va avoir une mort prématurée. Heureusement  ces quelques visites auprès du Maestro Bluesmen furent suffisantes pour que Billy soit déterminé à devenir un véritable musicien engagé dans son Art.

 

Référence musicale 2 (en bas d'article) -

 

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 - Billy "Boy" Arnold circa 1952 (Source : BM) - 

 

Fort de cet héritage, et des liens qu'il va tisser grâce à lui, dans les années qui suivirent, Arnold lia d’amitié avec de nombreuses légendes locales du Blues. C'est de cette manière qu'il commença à apprendre tout ce qu’il pouvait sur le Blues. La liste des légendes du Blues Afro/Américain qui vont inspirer, et jouer un rôle fondateur pour son éducation musicale, est tout simplement renversante : John Davis, Big Bill Broonzy, Memphis Minnie, Muddy Waters, Johnny Jones, Johnny Shines, Otis Rush, Little Walter et Earl Hooker vont tous effectivement avoir un impact majeur dans sa genèse musicale.

En 1952, l’adolescent Billy décroche son premier contrat d’enregistrement avec la compagnie de disques Cool Records, dont le siège social est situé dans la ville de Chicago, dans l'état de l'Illinois. Ce n’est que lorsque son premier album est sorti ("I Ain’t Got No Money b/w Hello Stranger") sous le nom de Billy "Boy" Arnold qu’il s’est rendu compte qu’il avait un surnom. Un surnom que Billy Arnold va tout de suite adopter comme son nom de scène.

Arnold déclare a ce sujet "Je n’aimais pas ça au début, J’avais 17 ans et j’avais l’air de 15 ans, mais j’ai dit aux gens que j’avais 19 ans, alors je ne voulais pas être connu comme un garçon. Je voulais être un homme." Bien que l’enregistrement semble quelque peu immature, le nom de l'artiste est resté. C'est à partir de ce moment qu'il adopte définitivement ce surnom de Billy Boy Arnold, il était placé sur son chemin de vie. Ce nom de scène qui va vite devenir connu, et reconnu, au sein de l'importante scène musicale Blues de la grande Windy City.

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Alors qu’il était encore adolescent, Arnold avait fait la connaissance d'un jeune musicien de rue qui était passionné d’électronique. Ce jeune homme, vite devenu son ami, était nommé Ellis McDaniel, plus connu plus tard sous le nom de Bo Diddley. C'est donc ce dernier, qui était un génial bricoleur en plus d'être déjà un guitariste de génie à son jeune âge, qui va construire un amplificateur pour Billy "Boy" Arnold, à partir d’une simple caisse en bois (!). Une rencontre totalement historique pour l'ensemble de la culture musicale du XXe siècle !

Par les hasards de la vie, Billy "Boy" Arnold va retrouver Bo Diddley lorsqu'il décide d'auditionner pour les frères Chess, propriétaires de Chess Records. C'est de cette manière que Billy "Boy" Arnold va débuter sa carrière au début des années 1950 avec "Stop Time" en jouant génialement de l'harmonica pour Diddley. Ce morceau marque le premier des nombreux hits pour Chess Records avec Bo Diddley, comme par exemple le morceau "I'm a Man".

L’avenir semblait très prometteur pour cette association entre les deux Bluesmen. Mais Billy "Boy" Arnold ne voulait pas être un "sideman", un simple musicien accompagnateur de groupes en studio. Ses très nombreuses séances d'enregistrement dans ce rôle, vont pourtant être les plus belles des frères Chess. Ce rôle de "sideman" qui arrangeait surtout les producteurs des compagnies de disques, souvent tentés pas des procédés véreux. Billy "Boy" Arnold était bien plus ambitieux, bien conscient de son immense potentiel il voulait faire des disques sous son propre nom ! 

 

- Référence musicale 3 (en bas d'article) -

 

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Billy "Boy" Arnold avec l'harmonica avec des amis, dont Willie Johnson à la guitare 1954 (Source : AVE) -

 

Les relations entre les frères Chess et Billy "Boy" Arnold vont se dégrader avec le temps. Plus précisément, c'est après un malentendu avec Leonard Chess, provoqué par Bo Diddley qui avait dit à Arnold que Leonard Chess ne l'appréciait pas, Billy "Boy" Arnold va tout simplement décider de quitter la compagnie Chess Records pour signer avec Vee Jay RecordsAutre grand label de la Windy City, Vee Jay Records est créée en 1953 à Chicago par Vivian Carter et son époux James Bracken.

Billy "Boy" Arnold n'avait qu'a traverser la rue pour rejoindre les bureaux de la compagnie concurrente VeeJay RecordsAprès avoir rapidement signé son contrat pour Vee-Jay Records, Billy "Boy" Arnold va enregistrer son époustouflant et célébrissime morceau "I Wish You Would". Une composition véritablement anthologique qui, selon de nombreux spécialistes et musicologues de Blues serait la première session de musique Blues à présenter une véritable basse électrique. Dès sa sortie "I Wish You Would" est très rapidement devenu un succès régional grâce aux émissions radiophoniques locales.

Durant cette période, il jouait dans tous les clubs et bars dans le quartier du quartier South Side de Chicago avec des stars du Blues comme Little Walter et Junior Wells. La diffusion à la radio de sa chanson va permettre à Billy "Boy" Arnold d'être de plus en plus connu. Même le grand Muddy Waters a "pris goût" au jeune musicien. Il lui dira même "Vous avez fait un bon disque. Vous allez continuera en à faire de meilleurs". Et c’est exactement ce que Billy Boy a fait avec ses morceaux "I Ain't Got You", "Shes' Fine", ou encore "Prisoner's Plea".

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Bien qu’il n’ait que 20 ans, Billy "Boy" Arnold était déjà considéré comme un des piliers de la scène musicale locale. Billy "Boy" Arnold va continuer à jouer dans les nombreux clubs  et bars de la ville de Chicago, il va multiplier les enregistrements durant la fin des années 1950. Sa renommée auprès des autres musiciens de la Windy City devient légendaire, et tous veulent être accompagnés par le son fabuleux de l'harmonica de Billy "Boy" Arnold.

Finalement, Billy "Boy" Arnold ne va sortir son tout premier album "More Blues From The South Side" qu'en 1963  pour le label prestigieux label Prestige. Même si le label Prestige est normalement dédié au Jazz Afro-Américain, c'est bien avec cette compagnie de New York City qu'il enregistre cet album qui va devenir un grand classique du Post War Blues Afro-Américain. Tout en étant son tout premier album vinyle, "More Blues From The Soth Side" est l'unique album enregistré par Arnold pour Prestige Records.

Malgré ses différents succès et ses nombreuses prestations dans les établissements de Chicago, et également face a la difficulté d’élever une famille, Billy "Boy" Arnold va être obligé de trouver un travail "alimentaire". C'est ainsi qu'il trouve un emploi et devient ainsi chauffeur de bus de Chicago ; plus tard, il deviendra également agent de libération conditionnelle pour l’État de l’Illinois. Mais, malgré son labeur, ces travaux alimentaires ne lui font pas perdre de vue sa passion pour sa chère musique Blues.

 

- Référence musicale 4 (en bas d'article) -

 

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- 1953 publicité Cash Box (Source : CP) -  

  

A contrario d'une existence professionnelle difficile, Billy "Boy" Arnold va connaître une nouvelle jeunesse grâce à la déferlante de la vague dite du British Blues. Un style musical novateur qui va déferler au Royaume-Uni à partir du début des années 1960. Durant cette période, la première génération de groupes de Blues Britanniques est en pleine gestation. Une première génération en grande partie initiée par des artistes précurseurs, comme Cyril Davies et Alexis Korner.

Des musiciens Anglais, que nous aurons l'occasion d'aborder très prochainement, qui vont très largement s'inspirer du Blues Afro-Américain. Ce sont plus particulièrement Sonny Boy Williamson et  Billy "Boy" Arnold qui fascinent cette première génération de musiciens d'origine Britannique. Indéniablement, la tournée de concerts effectués par Sonny Boy Williamson II en 1963 en Angleterre va jouer un rôle moteur dans la diffusion du Blues authentique.

Les impressionnantes prestations de Sonny Boy Williamson II lors de sa venue en Europe vont incontestablement jouer un rôle central dans cette évolution des influences musicales qui voit toute une génération s'enthousiasmer pour le Blues Afro-Américain. Les immémorables concerts de Sonny Boy Williamson II au mythique Crawdaddy Club, à Londres en 1963, tout comme les différentes sessions de l' "American Folk Blues Festival" vont très largement participer a la diffusion et au succès de la musique Blues Afro-Américaine auprès de la jeunesse "blanche" en Europe Occidentale.

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Une évolution et une influence profondément fondatrice pour le mouvement et la culture Mod, qui représente un des authentiques fondements du 75 M.N.S® et de son organe de diffusion officielle "Le Cercle Modernist". Une culture musicale que nous nous diffusons avec fidélité et passion pour préserver les valeurs authentiques de la culture Modernist en France. Un militantisme Mod affirmé, revendiqué, et essentiel au regard d'un environnement de plus en plus bousculé en ce début de millénaire

L'influence et l'enracinement des oeuvres musicales de Billy "Boy" Arnold dans la culture contemporaine va perdurer. Un peu plus tard, vers la fin des années 1960, des groupes Anglais, comme les Yardbirds ou les Animals, vont chacun d'entre eux rencontrer le succès également grâce aux superbes compositions de Billy "Boy". Notons que bien plus tard encore, une autre génération, celle des groupes The Blasters, va elle aussi découvrir les trésors musicaux de Billy "boy" Arnold.

 

Les compositions musicales de Billy Arnold restent intemporelles et d'une modernité criante, une marque incontestable de véritable et très haute qualité musicale. D'ailleurs, tout cet intérêt renouvelé va conduire Billy "Boy" Arnold à revenir plus activement sur scène en concert et enregistrer en Europe. Il va également jouer lors de différents festivals aux Etats-Unis au cours des années 1970, 1980, et plus tard aussi dans les années 1990. Grâce a cette continuelle présence, la renommée de Billy "Boy" Arnold va rester intacte durant ses différentes décennies;

 

- Référence musicale 5 (en bas d'article) -

 

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 - Syl Johnson, Billy Boy Arnold, Jody Williams, et Reynolds Howard circa 1950's (Source : PDS) -



Le style de jeu inimitable d'harmoniciste de Billy "Boy" Arnold est très spécifique au Blues électrique de Chicago, un jeu issu d'une très longue tradition de la musique Blues Afro-Américaine. Il développait une mise à jour urbanisée du Blues acoustique clairsemé encore répandu dans le sud. Billy "Boy" Arnold s'inscrit volontairement dans les prestigieux pas de son mentor Sonny Boy Williamson II.

Ce dernier avait clairement révolutionné l’harmonica Blues en le transformant en un instrument principal à peu près analogue au saxophone dans le Jazz, a été l’un des sommités de ce nouveau son. Plus précisément, Arnold va développer son style musical en jouant des morceaux de Blues nerveux, courts et très accrocheurs. Billy "Boy" Arnold, en bon "slideman", va savoir s'entourer de prestigieux et talentueux  Bluesmen dans sa propre formation pour effectuer ses enregistrements.

Arnold va effectivement être accompagné dans sa propre formation par des musiciens du calibre de Jody Williams, Syl Johnson, Sunnyland Slim, ou Fred Below.  A la fin de sa carrière Billy Arnold va enregistrer avec ses musiciens des albums en forme d'hommage a ses maîtres qui l'ont inspiré tout le long de sa longue carrière. Comme celui consacré à l'immense Big Bill Bronzy, intitulé  "Billy Sings Big Bill Broonzy" sorti par la compagnie de disques Electro-Fi Records en 2012.

A ce propos Billy "Boy" Arnold va donner des explications plus précises lors d'une de ses nombreuses rencontres journalistiques : "J’ai également rencontré Big Bill lorsque j’avais 15 ans. Je connais très bien sa musique et je l’apprécie beaucoup. C’était aussi un ami de Sonny Boy Williamson avec lequel il a joué et enregistré. Il est l’un de mes chanteurs de Blues préférés et était un gars très amical. J’aime beaucoup son style de jeu de guitare, et sa manière de chanter. C’est pour tout cela que je tenais à l’honorer à travers cet album. Je n’ai jamais tellement souhaité rendre de tels hommages sur disque. Sauf pour Sonny Boy et Big Bill car ce sont des artistes et des hommes chers à mon cœur, de véritables mentors".

  

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- Album Lp Top Rank Records (RIP109) France 1959 (Source : 75 M.N.S®) -

 

Les singles enregistrés par Billy "Boy"Arnold pour la compagnie de disques Vee Jay vont vite devenir des objets précieux et recherchés parmi les collectionneurs et amateurs de musique Afro-Américaine. Car, tout en étant un Bluesmen très apprécié au sein de la culture Mod comme je l'ai déjà souligné, Billy est à très juste titre considéré comme un des grands harmonicistes du Chicago Blues.

Pourtant, malgré cette reconnaissance parmi les musiciens, les spécialistes, et les véritables passionnés de Blues Afro-Américain, ce n'est qu'à partir des années 1990 que Billy "Boy" Arnold va connaître sa période de succès commerciale la plus importante. Plus précisément avec la sortie de son tout nouvel album Lp "Back Where I Belong" en 1993 pour le la compagnie de disques Alligator Records.

 Billy "Boy" Arnold va donc connaître le plus grand succès commercial de sa carrière avec l'enregistrement de l'album "Back Where I Belong" pour le label Alligator Records fondé à Chicago en 1971 par monsieur Bruce Iglauer. Un label spécialisé dans le Blues et le Rhythm'n'Blues Afro-Américain dont le catalogue est va être entre autres composé par des artistes du calibre de Luther Allison, Clifton Chenier, Lazy Lester, Buddy Guy, Otis RushKoko Taylor, Sonny Terry, et même Rufus C. Thomas Jr, plus connu sous le nom de Rufus Thomas.

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C'est l'irrésistible et précurseur Blues Français de Louisiane du Roi du Zydeco Blues, Clifton Chenier avec son album "I'm Here" qui va réellement permettre au label Alligator Records de remporter son premier titre important avec le prestigieux Grammy Harward, prix décerné annuellement aux Etats-Unis par la prestigieuse National Recording Art and Sciences aux meilleures artistes et techniciens de l'industrie musicale depuis 1958.

Cet album est très largement salué par l'ensemble de la presse. Le journal quotidien "Los Angeles Time" souligne la qualité du travail de Billy "Boy " Arnold. Pour sa part, le magazine "Jazz Time" parle lui d'un album "Très fortement recommandé". Alors que le prestigieux magazine spécialisé titre "Billy "Boy" Arnold triomphant !". Les critiques spécialisées vont être unanimes pour saluer le Bluesmen, chose assez rare pour être soulignée. Des reportages et des critiques vont être également publiés dans des magazines et des journaux d’un océan à l’autre et en Europe.

C'est tout l'ensemble de la presse internationale qui veut avoir un entretien avec Arnold : "Rolling Stone", "Living Blues", "Blues & Rhythm", "The Chicago Tribune" et le célébrissime "Washington Post". Tout le monde était d’accord. Billy Boy Arnold avait créé un album de chansons qui non seulement égalait la force de ses premiers succès, mais les surpassait en effet dans leur maturité et leur exécution. La force et la puissance de son album "Back Where I Belong" va ramener Billy "Boy" Arnold aux devant des yeux de son public.

  

- Référence musicale 6 (en bas d'article) -

 

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- Billy "Boy" Arnold en 1992 (Source : BB/AH) -

 

La sortie de l’album va clairement permettre a Billy "Boy" Arnold de rejouer dans des clubs et de grands festivals aux États-Unis et en Europe. Il est réclamé par les principaux festivals de musique Afro-Américaine. Arnold va donc faire totalement chavirer le public avec le Swing incomparable de son jeu d'harmonica amplifié lors de concerts mémorables, il va parcourir la planère invité dans les plus prestigieux festivals.

Billy "Boy" Arnold va effectivement faire des merveilles, comme au Burnley Blues Festival en Angleterre, au Breminale Blues Festival en Allemagne, ou encore pour le Festival de Jazz de Montréal, ainsi que le Chicago Blues FestivalPerformance après performance, Billy "Boy" Arnold va littéralement ravir ses anciens fans. Enfin de retour à sa place légitime, ce Bluesman de très grand talent était prêt pour proposer sa musique à plus de gens que jamais.

Mais même si son nom d'artiste ne hante pas toutes les mémoires, ses titres, eux, ont été repris à presque tous les étages de l’histoire de la musique comme je l'ai souligné. Les groupes Britanniques, comme les Yardbirds, ou The Animals, en passant par Sweet et jusqu’à David Bowie, tous se tailleront de beaux succès en recyclant, en ne rappelant pas toujours leurs origines, les fantastiques morceaux ficelés par ce véritable maître qu'était Billy "Boy" Arnold.

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Les pépites "I Wish I Would" et "I Ain’t Got You" inscrivent Billy "Boy" Arnold dans la paternité d’un British Blues qui se montrera, le moment venu et quand les choses ne marchaient pas si bien pour lui, véritablement reconnaissant. Les hommages vont d'ailleurs être très nombreux après sa disparition, et plus particulièrement venant d'Angleterre, une des toutes premières terre d'accueil des artistes Noirs Blues Afro-Américain arrivant des Etats-Unis.

Son tout dernier album "The Blues Soul Of Billy Boy Arnold" est sortie en 2014, il sortira 6 albums exactement après son succès en 1993 "Back Where I Belong" pour Stony Plain Reccords. Aujourd'hui âgé de 86 ans, Billy "Boy" Arnold vit une paisible retraite entouré de ses chers familiers. Arnold est devenu un vétéran respecté et reconnu mondialement comme un des pères fondateurs du Blues électrique de Chicago, le Post War Chicago Blues.

A la fin de son existence, Billy "Boy" tel un sage Il est très souvent visité par les musiciens de Blues contemporain, et continuellement sollicité pour des entretiens journalistiques sur son impressionnante carrière et ses incalculables rencontres avec tout le gotha du Blues de l'après Seconde Guerre Mondiale dans la Windy City. Ses mémoires sont une véritable mine d'informations, souvent méconnues, sur l'histoire de la prolifique scène musicale Blues considéré comme la plus douée et importante de sa génération.

 

Référence musicale 7 (en bas d'article) -

 

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- Magazine "Blues Unlimited" 1977 avec Billy Boy en couverture (Source : 75 M.N.S®) -

 

Le son de l'harmonica si singulier, et le chant soyeux du Bluesmen Billy "Boy" Arnold sont désormais dans le gotha du Blues Afro-Américain. Sans oublier, bien entendu, ses remarquables talents d’auteur et compositeur qui le placent à l’avant-garde des artistes du Blues classiques de Chicago au XXe siècle.

Le magazine "Jazz Times" va magnifiquement résumer l'oeuvre monumentale de ce Bluesmen de génie "Dans les mains de Billy Boy Arnold, le blues peut sonner aussi vif qu’un combat de rasoir dans un joint de juke du Mississippi. Faisant correspondre le lecteur lilting de Chuck Berry avec la puissance sinistre de Muddy Waters, Arnold gagne beaucoup de respect pour garder le blues vivant et bien".

 

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Ce n'est pas par hasard si nous avons débuté le "Club du Cercle Modernist", en 2019 avant la pandémie sanitaire, par le fantastique morceau de Billy "Boy" Arnold  "I Wish You Would". Le 75 M.N.S® avait effectivement choisit intentionnellement le thème "The Roots Of Mod" pour cette festivité Modernist organisée dans le XVIIIe arrondissement de Paris au "Tontons Flingueurs", Jazz Club assidument fréquenté par monsieur Lino Ventura durant les années 1950.

Assurément, l'atmosphère si particulière "distillée" par le morceau "I Wish You Would" met en exergue l'esprit Modernist authentique directement hérité de nos prédécesseurs Anglais à la toute fin des années 1950. Car, pour nous Modernists le Blues de Billy "Boy" Arnold représente la plus belle part du riche héritage légué par le fantastique Chicago Blues Afro-Américain.

 

Alexandre Saillide-Ulysse

75 M.N.S®

Sources :

 

- Philippe Bas-Raberin "Le Blues Moderne 1945-1979", éditions Albin-Michel, Paris, 1979-1986

- Jacques Demètre et Marcel Chauvard "Voyage au Pays du Blues", éditions CLARB, Levallois-Perret, 1995

- Gérard Herzhaft "La Grande Encyclopédie du Blues", éditions Fayard, Paris, 1997-2008

- Laurence Arsicaud "Bo Diddley, Je Suis un Homme', éditions Camion Blanc, Paris, 2012

- Divers numéros des magazines "Soul Bag", "Blues Unlimited", "Blues Magazine", et "Blues".

 

Références musicales :

 

- Sélection 1 : Bo Diddley (Billy "Boy" Arnold à l'harmonica) "I'm Man" - Checker Records (814) - 1955

- Sélection 2 : Billy "Boy" Arnold "I Wish You Would" - Vee Jay Records (146) - 1955

- Sélection 3 : Billy Boy Arnold "My heart Is Crying" - Vee Jay Records (238) - 1957

- Sélection 4Billy "Boy" Arnold "I An't Got No Money" - Cool Records (103) -1953

- Sélection 5 : Billy "Boy" Arnold "Rockin' Itis" - Vee Jay Records (260) - 1957

- Sélection 6 : Billy "Boy" Arnold & Little WXalter "Catfish Blues" -Red Lightnin (EP0027) - 1979

- Sélection 7 : Billy "Boy" Arnold " Shake Your Hips" -Alligator Records (4815) - 1993

 

Discographie 45Tours aux USA*

(U.S Singles) :

 

* Billy "Boy" Arnold "I Ain't Got No Money" / "Hello Stranger" - Cool Records (103) - 1953

 

* Billy Boy "I Wish You Would" / "I Was Fooled" - Vee Jay Records (146) - 1955

 

* Billy Boy "I Ain't Got You" / "Don't Stay Out All Night" - Vee Jay Records (171) - 1956

 

* Billy Boy "Here's My Picture" / "You've Got My Wrong" - Vee Jay Records (192) - 1956

 

* Billy Boy "Rockin' It Is" / "Prisoner's Plea" - Vee Jay Records (260) - 1957

 

* Billy Boy "My Heart Is Crying" / "Kissing At Midnight" - Vee Jay Records (238) - 1957

 

* Billy Boy Arnold "Rockin' This" (B Sides Van McCoy "Mister Dj"- Halo Records (1005) - 1961 

 

* Billy Boy "You're My Girl" / "School Time" - Bluesville Records (45-827) - 1964

 

* Billy Boy "Prisoner's Plea" / "I Wish You Would" - Vivid Records (109) - 1965

 

* Billy "Boy" Arnold "Yellow Rose From Texas" (B Side Esther Phillips "Nobody But You"- Shag Archive Records (AR-109) - 1980

 

*Nota : Disques vinyles format 45Tours enregistrés par Billy "Boy" Arnold sous son propre nom aux Etats-Unis.  



22/05/2021
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